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Page 1 sur 21, 2 SuivantSACEM, ADAMI, SPEDIDAM : pourquoi ils ne sont pas d'accord.

Le Libre soulève de nombreuses questions, notamment sur la vente liée, les verrous numériques, les libertés numériques.., Parlons-en avec écoute et respect de l'autre.

Dim 15 Jan, 2006 13:21

A ce qu'on lit sur ce forum, il semble qu'il y ait une certaine méconnaissance des mécanismes de rémunération, ce qui explique l'incompréhension des positions divergentes de la SACEM (et autres) d'une part, de l'ADAMI et de la SPEDIDAM d'autre part.

Si ces trois sociétés de gestion collective représentent des "artistes" dans le secteur de la musique, il faut bien voir qu'il ne s'agit pas des mêmes artistes, que les droits en cause ne sont pas les mêmes et, surtout, que les intérêts financiers sont différents.

La SACEM représente les auteurs (qui écrivent les textes des chansons), compositeurs (qui composent les musiques) et éditeurs (qui "reproduisent en nombre" les oeuvres pour les distribuer au public). Ces artistes (auteurs ou cessionnaires des auteurs) bénéficient d'une protection par le droit d'auteur. Le principe en droit d'auteur est la rémunération proportionnelle : plus le disque est vendu, plus les titres sont diffusés etc., plus l'auteur gagne de l'argent.

L'ADAMI et la SPEDIDAM représentent les artistes-interprètes, c'est-à-dire les personnes qui jouent la musique composée, qui chantent les textes écrits etc.. Ces artistes ne sont pas des auteurs ; ils ne sont pas protégés par le droit d'auteur mais par les droits voisins du droit d'auteur (naturellement, certains artistes sont à la fois auteur et interprète). Pour les droits voisins, la rémunération au forfait est beaucoup plus courante (les chanteurs sont toutefois généralement payés proportionnellement). Notamment, les musiciens de studio (principalement représentés par la SPEDIDAM) sont payés à la séance d'enregistrement. Ensuite, que le disque marche ou ne marche pas, ils ne perçoivent généralement pas de pourcentage sur les ventes.

Il y a toutefois, à côté des rémunérations au titre du droit d'auteur ou des droits voisins, la rémunération pour copie privée (la "taxe" prélevée sur les CD vierges etc.). En ce qui concerne cette rémunération, la loi impose un partage entre tous les ayant-droits (auteurs, producteurs de phonogrammes, artistes-interprètes). Ce qui fait que, grâce à la rémunération pour copie privée, les artistes-interprètes peuvent avoir d'autres revenus (proportionnels aux ventes de CD vierges), en supplément du forfait payé au moment de l'enregistrement en studio. Ils ont donc tout intérêt à ce que l'exception de copie privée soit maintenue (s'il y a des DRM partout: pas de copie privée, donc pas de rémunération pour copie privée), et même étendue (la licence globale). Les auteurs, eux, n'ont pas intérêt à cette extension puisqu'avec un système reposant sur les DRM, ils peuvent s'assurer de leur rémunération proportionnelle au titre du droit d'auteur, tout en évitant de partager le montant d'une rémunération pour copie privée.

Ces mécanismes sont un peu complexes, mais c'est de là que vient la divergence d'intérêts entre les sociétés de gestion collective. L'ADAMI et surtout la SPEDIDAM ne défendent pas la copie privée par conviction philosophique, mais parce que c'est clairement leur intérêt financier (et il est tout à fait normal qu'elles défendent cet intérêt).

Je ne suis pas sûr d'avoir été très clair (mais je n'ai pas le temps de développer). J'espère en tout cas que ceux d'entre vous qui croient qu'il y a des contradictions inexplicables entre les positions des sociétés qui représentent les intérêts des artistes comprendront mieux les enjeux et pourquoi il faut bien faire la distinction entre les auteurs et les artistes-interprètes.

Rien d'étonnant donc à ce que certains chanteurs et/ou auteurs s'opposent à la licence globale et que la SPEDIDAM défende la licence globale. Tout est affaire de gros sous.
desesperatly

Messages : 625

Dim 15 Jan, 2006 13:31

desesperatly a écrit:Tout est affaire de gros sous.

C'est ma foi très bien résumé.

Merci en tout cas pour cet exposé clair et précis ! Que ceux qui ont des compléments d'information ne se privent pas ! (notamment sur les chiffres plus précis des revenus, sur le nombre d'artistes représentés par la SACEM, l'ADAMI ou la SPEDIDAM, etc.)

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Messages : 1691
Géo : Québec

Dim 15 Jan, 2006 19:07

Bel exposé ! Je comprends mieux le pourquoi de tout ce chambard inter-sociétés tout à coup.
mpop

Messages : 777
Géo : Lyon

Dim 15 Jan, 2006 20:12

merci desesperatly !
voilà un post utile
dana

Messages : 251
Géo : uzbekistan

Dim 15 Jan, 2006 20:17

l'étonnant, c'est que ca n'empeche pas des johnny halliday par exemple, qui ne sont que des interprètes, de se prononcer contre la licence globale :twisted:
blastm

Messages : 663

Dim 15 Jan, 2006 20:40

Et ceux qui sont auteurs et interpretes sont ou?
Dans les 2 sociétés ou une seule?
600monstro

Messages : 479
Géo : St OUEN

Dim 15 Jan, 2006 20:46

Dans les 2. Au passage j'ai entendu dans une des emission de france culture (dispo ici : http://www.radiofrance.fr/chaines/franc ... repliques/) que 80% des membre de la SPEDIDAM sont aussi inscrit a la SACEM.
Snaky

Messages : 279

Dim 15 Jan, 2006 21:45

blastm a écrit:l'étonnant, c'est que ca n'empeche pas des johnny halliday par exemple, qui ne sont que des interprètes, de se prononcer contre la licence globale :twisted:


Oui mais c'est un chanteur. Il est intéressé sur le volume des ventes.
Ceux qui sont lésés, ce sont les musiciens qui jouent sur les albums. Ce sont eux qui sont payés au forfait.
desesperatly

Messages : 625

Lun 16 Jan, 2006 02:29

Il y a toutefois, à côté des rémunérations au titre du droit d'auteur ou des droits voisins, la rémunération pour copie privée (la "taxe" prélevée sur les CD vierges etc.).

La taxe sur les supports numérique ne sera pas levée pour raison de DRM, nous à dit Monsieur le Ministre.(voir les vidéos des débats)
Il y aura taxe + DRM
La taxe à été mise en place pour dédommager les ayants droits du vol de leur oeuvres, même si les DRM sont mis en place.
Tant que l'éradication des vols n'est pas prouvée la taxe restera.

Et comme il est impossible de prouver l'absence de vol de manque à gagner ...
Garlik

Messages : 80

Lun 16 Jan, 2006 10:16

Garlik a écrit:Il y a toutefois, à côté des rémunérations au titre du droit d'auteur ou des droits voisins, la rémunération pour copie privée (la "taxe" prélevée sur les CD vierges etc.).

La taxe sur les supports numérique ne sera pas levée pour raison de DRM, nous à dit Monsieur le Ministre.(voir les vidéos des débats)
Il y aura taxe + DRM
La taxe à été mise en place pour dédommager les ayants droits du vol de leur oeuvres, même si les DRM sont mis en place.
Tant que l'éradication des vols n'est pas prouvée la taxe restera.

Et comme il est impossible de prouver l'absence de vol de manque à gagner ...


La rémunération pour copie privée ne sera pas supprimée. Mais son montant devra prendre en compte l'application des mesures techniques de protection.
La Commission copie privée sera probablement (amendements de la Commission des lois et de je ne sais plus qui) en charge de la prise en compte du recours aux DRMS. Quant à savoir comment ils parviendront à calculer l'incidence des mesures techniques, c'est une autre affaire...
desesperatly

Messages : 625

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