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Page 4 sur 11Précédent 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 ... 11 SuivantOù en est le RGI (Référentiel Général d'Interopérabilité) ?

Le Libre soulève de nombreuses questions, notamment sur la vente liée, les verrous numériques, les libertés numériques.., Parlons-en avec écoute et respect de l'autre.

Mar 20 Fév, 2007 04:42

Après l'échauffement, l'exercice de mauvaise foi se poursuit à un très haut niveau :

Q : Que pensez-vous du Référentiel Général d’Interopérabilité ? Avez-vous participé (vous-même ou vos collaborateurs) à son élaboration, et comment sera-t-il mis en œuvre à Lyon ?
R : « Il me semble indispensable de mettre en place un référentiel de consensus qui corresponde aux usages et aux besoins réels tant au sein des collectivités que de l’État. Le référentiel pour l’instant défini par la Direction Générale de la Modernisation de l’État (DGME) ne répond qu’à la moitié de cette problématique. La méthode de consultation est probablement en cause, mais je crois également que la partialité du choix traduit un manque de vision sur le besoin numérique des collectivités, des citoyens et de nos entreprises. Je serai attentif, en tant que Président de l’ACUF à ce que l’impartialité technologique demeure dans la commande publique. Il me semble périlleux de mettre en place un référentiel qui, en imposant un format en exclut un autre. Je suis pour l’interopérabilité, mais aussi pour la pluralité. »


Là je suis obligé de citer la réponse in extenso, tant il y a à reprendre!

Tout d'abord Gérard Collomb déclare sans équivoque que le RGI - qui impose dans son état actuel le recours par l'administration au format bureautique ouvert Open Document afin que l'échange d'information se fasse dans un format non discriminatoire conformément aux principes républicains - ne répond pas aux besoins réels de l'Etat et des collectivités, et que ce choix choix "traduit un manque de vision sur le besoin numérique des collectivités, des citoyens et de nos entreprises".
Quel est donc ce besoin inavouable "des collectivités, des citoyens et de nos entreprises" qui primerait celui de l'accès non discriminatoire par les citoyens aux informations produites par les collectivités et l'Etat, mais aussi celui de garantir la pérennité de cette information (un format ouvert garantissant la possibilité d'accéder à ces informations sans limite de temps) ?
On ne le saura pas...

Je passe sur la critique du mode de consultation pour laquelle je n'ai pas toutes les informations (rappelons simplement qu'une large consultation publique a été lancée en vue d'établir le RGI).

Vient ensuite le morceau de choix : Gérard Collomb annonce qu'il sera attentif, en tant que Président de l’ACUF (c'est un avertissement à l'attention de la DGME, voir déjà le 1er post de ce fil) à ce que l’impartialité technologique demeure dans la commande publique : le RGI ne doit exclure aucun format, car Gérard Collomb est pour l’interopérabilité, mais aussi pour la pluralité précise t-il.
Voilà une bien belle contradiction!
Maintenant c'est l'impartialité technologique qui est mise en avant, ce qui n'a pas de sens.
Les collectivités publiques doivent être impartiales dans leurs choix : comme indiqué plus haut, les appels d'offres permettent aux collectivités de choisir le mieux-disant en toute transparence, dans l'intérêt général, sans parti pris ni copinage.
Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire le choix d'une technologie! Au contraire, les appels d'offre sont lancés sur la base d'un cahier des charges élaboré par la collectivité publique dans lequel elle fait des choix technologiques très précis. il n'y a rien choquant à ce que l'Etat impose aux collectivités publiques de recourir aux technologies qui lui semblent présenter les meilleures qualités.
Ainsi on peut faire le choix de la technologie nucléaire pour un sous-marin ou pour produire de l'électricité, et lancer un appel d'offre sur cette base : la concurrence joue alors pleinement (pour peu que plusieurs entreprises conçoivent ce type de produits).
Le choix technologique d'imposer un format ouvert permet en l'occurrence à toute entreprise de concourir à un appel d'offre puisqu'elles sont libres d'implémenter ce format dans leur logiciel. C'est donc bien un gage de pluralité.
Par ailleurs, c'est le seul moyen d'assurer l'interopérabilité, n'en déplaise à Gérard Collomb.
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antistress

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Mar 20 Fév, 2007 04:45

Gérard Collomb, répondant à une autre question, déclare ensuite :
En tant qu’élu, je suis donc très attentif à la question de l’emploi. Je pense qu’il existe une économie du logiciel libre qui se structure petit à petit et dont la valeur est plutôt transférée vers la maintenance et le service. Cependant, il ne faut pas oublier que les grandes innovations en standards ouverts sont portées par de grandes sociétés nord-américaines (Sun, Novell, IBM, Red Hat) qui tirent les principaux bénéfices du logiciel libre au niveau de l’emploi. »

Encore une magnifique contradiction!

Tout d'abord, les standards ouverts ne rapportent pas un caramel aux sociétés citées qui ont délibérément renoncé à percevoir des dividendes sur leur format pour permettre à tout un chacun de l'utiliser librement et gratuitement.

Ensuite, on ne peut faire remarquer de bonne foi dans une même phrase que la valeur ajoutée des logiciels libres se situe dans la maintenance et le service et dire ensuite que c'est principalement quelques grandes sociétés nord-américaines qui tirent les bénéfices du logiciel libre au niveau de l’emploi! Le service et le maintenance sont assurés par nature au niveau local, par une main d'oeuvre locale : c'est donc bien l'emploi local qui bénéficie du déploiement de logiciels libres.
Dernière édition par antistress le Mar 20 Fév, 2007 05:35, édité 1 fois au total.
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Mar 20 Fév, 2007 05:04

Au sujet de l'accord passé avec Microsoft :

Il repose sur trois grands volets : (...) :
* une dimension éducative, sociale et citoyenne avec le souci d’être à la pointe de l’innovation sans créer de nouvelles exclusions,
* une dimension internationale avec la volonté de réduire la fracture numérique avec l’Afrique et de développer les coopérations avec les villes européennes.

J'ai du mal à imaginer qu'une société privée en situation de monopole et condamnée pour pratique anti-concurrentielle soit le meilleur choix pour réaliser une démarche éducative, sociale et citoyenne ou réduire la fracture numérique avec l’Afrique...

Il s’agit d’un partenariat avantageux pour Lyon car il n’existe aucune contrainte liée à l’utilisation d’une technologie en particulier.

(...)

Cet appui ne préfigure donc aucunement des choix technologiques qui en découleront puisque le partenariat signé avec Microsoft ne repose pas sur une relation commerciale et ne comporte aucune exclusivité.

(...)

Je pense que les partenariats public-privé, quand ils sont construits dans une relation « gagnant-gagnant » sont bénéfiques.

Cherchez l'erreur...

le souci d’être à la pointe de l’innovation sans créer de nouvelles exclusions,

(...)

une dimension internationale avec la volonté de réduire la fracture numérique avec l’Afrique

(...)

apporter le meilleur de l’innovation technologique sans créer de nouvelles exclusions

(...)

Lors du Sommet mondial des villes et des pouvoirs locaux que nous avons organisé à Lyon en décembre 2003, nous avons collectivement produit une déclaration qui fait clairement la promotion du logiciel libre pour réduire la fracture numérique

Oui, mais c'est un accord avec Microsoft qui a été signé...

Quelques affirmations non argumentées suivent :

Sur le libre choix des consommateurs :

si les solutions propriétaires sont trop coûteuses et qu’elles génèrent trop de dépendance, les clients vont naturellement se tourner vers le libre

à condition d'avoir le choix, non ?
Heureusement, Gérard a son avis sur la question :
Les consommateurs informatiques sont de plus en plus avertis et ils sont, je crois, tout à fait libres dans leurs choix


Sur les vertus de Microsoft :

Microsoft, qui a des programmes de partenariat et de mécénat très structurés (programme Idées, Clique sur ta Ville, Unlimited Potentiel, E.Citizenship…)


J'en recherche un au hasard : http://www.microsoft.com/france/apropos ... ville.mspx
Tiens, ça ressemble à de la promotion! il faudra que je recherche la définition de "mécénat"...
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antistress

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Géo : Ile de France

Mar 20 Fév, 2007 12:20

Je vois que nous avons eu la même idée : http://forum.framasoft.org/viewtopic.ph ... 078#194078
:wink:
Sauf mention contraire, les propos tenus par l'auteure n'engagent que l'auteure elle-même.
Alix Cazenave

Messages : 412
Géo : Paris

Ven 23 Fév, 2007 03:01

@ Alix : normal, devant tant de mauvaise foi (à voir RDDV, Gérard, Pascal et consorts, il semble que la mauvaise foi soit le contraire de la confiture)!

Sinon, a t-on encore une chance de voir le RGI avant les élections ?!
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Géo : Ile de France

Lun 05 Mars, 2007 02:02

Un article à lire sur formats-ouverts.org : Le 22 février, date importante pour la bureautique (et les formats) ainsi que les liens cités, notamment
http://www.itrmanager.com/article.php?oid=62166
http://nauges.typepad.com/my_weblog/200 ... fre_b.html

voir aussi le commentaire de Jean-Marie Gouarné
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antistress

Messages : 3854
Géo : Ile de France

Lun 05 Mars, 2007 10:45

Article de Pcimpact sur le RGI dans sa dernière ligne droite avant adoption.

http://www.pcinpact.com/actu/news/35044-referentiel-general-dinteroperabilite-RGI-fo2.htm

Comité du RGI
Le décret publié ce week-end prévoit que le ministre de la réforme de l’Etat est chargé de la « conception et de l’adaptation du RGI ». Mais ce n’est pas tout puisque le décret institue encore un comité du RGI, chargé de délibérer ou d’être consulté « sur tout sujet de nature à favoriser l'interopérabilité ».

Le comité devra se réunir une fois par an, au moins. Présidé par le directeur général de la modernisation de l'Etat, il est composé de représentant chacun des grands ministères (intérieur, défense, justice, emploi, éducation, santé, culture, etc.), des représentants des collectivités, du président de la CNIL, de représentants des organismes de protection sociale. Enfin, on y trouvera quatre personnalités qualifiées dans le domaine de l'administration électronique et des technologies de l'information et de la communication et le directeur central de la sécurité des systèmes d'information au secrétariat général de la défense nationale.

Le texte final sera approuvé par arrêté du Premier ministre, et mis alors à disposition du public sur Internet.
Bourgpat

Messages : 392

Lun 05 Mars, 2007 20:44

*genium* a écrit:Rapide lecture du Référentiel Général d’Interopérabilité -- section 9: Interopérabilité et Sécurisation des échanges

Les auteurs semblent avoir recopié quelques vulgaires brochures sur les Services Web (WS-*), SOAP ou WSDL, en oubliant que les spécifications d'origine sont mauvaises; elles sont si mauvaises que Microsoft & Co (Consortium WS-I) souhaitent aujourd'hui standardiser les standards! Il faut dire que ces technologies ne permettent pas Interopérabilité de systèmes hétérogènes... C'est embettant pour un référentiel général d’Interopérabilité...

Mais bon, voyons quelques exemples, en partant du postulat qu'il est désormais obligatoire d'utliser les Services Web, version WS-*:
    * RIT0059 Il est RECOMMANDÉ de s'appuyer sur le protocole SOAP 1.1 lors de la conception de Web Services.
    * RIT0071 Il est RECOMMANDÉ d’utiliser la fonction WS-Security pour sécuriser des Web Services.
    * RIT0060 Il est OBLIGATOIRE de décrire les interfaces des services exposés à l'aide de documents à la norme WSDL.
    * RIT0062 Il est RECOMMANDÉ de se conformer au profil d’utilisation des Web Services« Basic Profile 1.0 ».

Pire, Le référentiel ose parler de UDDI (Universal Description Discovery and Integration) En précisant je cite: "Il n’y a pas de règle d’interopérabilité sur ce sujet pour l’instant." Heu, UDDI est mort et enterré depuis longtemps...

Bref, je trouve cela très inquiétant; je me permets donc de recommander aux auteurs la lecture du billet suivant:
>> REST and WS-*

Sans oublier les bases, en relisant un extrait de la thèse d'un certain Roy Fielding, co-fondateur d'Apache, et l'un des rédacteurs des spécifications HTTP 1.1
>> Principled Design of the Modern Web Architecture (version PDF)


Le Référentiel Général d’Interopérabilité est disponible en version PDF: ici


La section 9 est à jeter aux orties.

Les spécialistes du monde entier se sont réunis fin février à Bedford, MA, USA, sous l'égide du W3C.. Au menu principal du groupe de travai: Interoperability, Interoperability, Interoperability!

La tendance est clairement définie: Le web est par nature LA plateforme permettant l'intéropérabilité. Il suffit d'avancer en suivant les fondements du web... En s'orientant vers les services web de type REST. En suivant les architectures ROA (Ressources Oriented Architecture)... On revient aux fondamentaux du web, énoncés par Tim berners Lee dans son axiome 0: chaque entité est une ressource accessible et identifiable à l'aide d'une URL...Les Services Web (WS-*), SOAP et WSDL ne respectent l'architecture du web... et ne permettent pas l'interopérabilité de systèmes hétérogènes. Les travaux sur ces technologies WS-*, SOPA et WSDL sont maintenues sous l'influence de Micorosfot et du consortium WS-I... Mais l'industire s'est clairement positionnée pour migrer vers une autre alternative (REST et ROA...)

Cela confirme l'abandon de SOAP par Google, la migration de Sun vers REST, comme Yahoo d'ailleurs... Ces grands acteurs rejoingnent la communauté REST...

Cela confirme aussi mes intuitions de ces derniers mois.

Quelques extraits des conclusions de certains membres du groupe de travail:
Nick Gall, VP Gartner a écrit:[...]the W3C should extricate itself from further direct work on SOAP, WDSL, or any other WS-* specifications and redirect its resources into evangelizing and standardizing identifiers, formats, and protocols that exemplify Web architectural principles.

Mark Baker of Coactus Consulting. a écrit:[...]REST should be our guide toward that end.

Paul Downey a écrit:[...]WS-* is attractive to developers, but doesn’t interoperate.[...]
[...]I can’t help but conclude WS-* has lost [...]
[...] # Please don’t form Working Groups for any other WS-* specifications, especially those which challenge Web architecture. [...]


J'en passe et des meilleurs... En fait, ce groupe est divisé en 2!

D'un côté des développeurs démontrantla nécessité de s'orienter vers REST et ROA, en pointant les faiblesses des WS-*, SOAP, et WSDL...
De l'autre, des multinationales privilégiant leurs intérets économiques au détriment de l'nteropérabilité...

Bref, La section 9 est à dégager... Il n'est pas possible de laisser COMIX s'imposer ainsi par des moyens détournés...


Conclusion:
Tim Bray a écrit:[...] WS-*? In the real world, it’s about being able to interoperate with WCF (aka Windows Communication Foundation de Microsoft) [...]
*genium*

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Mer 07 Mars, 2007 19:32

le décret fixant les modalités du comité du RGI est publié
http://formats-ouverts.org/blog/2007/03 ... est-publie
Linux : il y a moins bien, mais c'est plus cher
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antistress

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Géo : Ile de France

Jeu 08 Mars, 2007 00:22

M Collomb est sénateur, membre de la commission des affaires culturelles, qui a apporté sa dernière "touche" à la DADVSI, de même que M Thiollière, maire de Saint-Etienne, ville qui a également signé un "partenariat" avec M$.

http://forestent.free.fr/microsoft.html
Forest Ent

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