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ENT, classes numériques et ressources numérique libres

Image Libérer les logiciels et tout autre contenu, comment adopter une Licence Libre ? (GNU GPL, Art Libre et Creative Commons).
Un forum en collaboration directe avec le site Veni Vidi Libri.

Sam 06 Juin, 2015 19:53

Bonjour,
Je suis tout nouveau sur le forum bien qu'utilisateur depuis les débuts de l'informatique libre pour mon usage personnel mais aussi pour mes classes du primaire et l'associatif.

Actuellement nos divers rectorats et académies sont en train de proposer via les plate-formes Magistère et les Crdp, dorénavant Canopé, la mise en main de solutions numériques déclinées sans distinctions sous les appellations de Tices, ENT B2i etc... ce depuis que des circulaires appellent à faire rentrer l'innovation et le "Numérique" dans l'enseignement.
Je n'ai jamais été contre de telles initiatives ayant toujours cherché à promulguer des "machines de fond de classes" des salles informatiques et le raccord au "Web libre" de nos écoles et établissement du secondaire.
Mais pas à n'importe quel prix ni à n'importe quel concession.

Quelques détails cependant à relever :
Les licences de ces sites marchands d'ENT qui font plus dans le ludo-éducatif que l'innovant et qui bien que déclarant utiliser des applications open sources, obligent néanmoins à en passer par des services payants utilisant d'autres co-éditeurs ou partenaires nationaux dont les ressources ne sont ni libres ni modifiables pour la classe.
J'évoque ici, hormis le respect de la liberté pédagogique, des ajustements et modifications nécessaires à des fins d'individualisation d'adaptation et de différentiation pour nos élèves.

Je ferai juste remarquer que si jusqu'ici il nous était possible de passer outre ce genre d'anomalie quasi juridique et ce à divers égards dépassant à mon sens le simple point de vue éthique, la situation s'est douloureusement corsée depuis qu'il est fait allusion à l'utilisation obligatoire de cahiers de textes électroniques dans le but de réduire la fracture et de faire entrer en action les parents dans l'école.

Mes parents d'élèves ont toujours eu la possibilité de venir dans mes classes, de me poser des questions d'ordre pédagogique et même de me suggérer et de participer à des solutions que nous avons discutées, maturées, et même, co-mises en place. L'école ouverte est donc une mesure qui me paraît juste.

Or, si tout ceci peut paraître normal à quiconque cherchant à justifier de sa mise en œuvre des récentes circulaires et de participer à l'effort innovant, il est déplorable de constater que des règles élémentaires de procédures ou de normes n'ont quasiment pas été discutées ni respectées.
J'en énumérerai quelques unes si le sujet peut intéresser sur le forum.

D'autre part si ces projets furent cantonnés au primaire, des droits d'usages ont désormais été versés par des rectorats et sont promus également vers les collèges :
Jusqu'à présent les enseignants du primaire, trop peu nombreux sur les diverses listes libristes, n'ont récoltés que quelques lointains encouragements et peu d'aide ou de remarques efficaces allant dans le sens de la prévention de ce genre d'anomalies. Aujourd'hui, les rares alertes qui n'ont pas été prises au sérieux sont dépassées et nous sommes devant les faits accomplis.

En dehors de tout ressenti personnel, ma requête porte sur un projet (en cours de finition) de recensement de ce qui peut apparaître comme inopérant ou restrictif dans le domaine propriétaire et les solutions et ressources libres, dignement opposables du point de vue de l'interopérabilité, de l'usage sans restriction d'outils numériques (c.a.d. de mon point de vue d'ancien "roboticien" la partie hard et de son jeux d'instructions plus ou moins obscures dénoncées par Stallman ) et informatique (choix de l'Os évidemment, et la partie interface et softs d'exploitation et de programmation) par rapport à ce qui est mis en place par nos décideurs pour ne pas parler de vente liée.

J'ai récolté au gré de mes navigations et investigations une sitographie partielle et commentée, permettant à des collègues de statuer sur le bien fondé d'utiliser telle ou telle ENT et des solutions libres de classe électronique.
Ce n'est pas du bricolage, juste des ajustements et de la mise en main.

Mais désirant rester objectif et impartial, je sais qu'il ne vaut mieux pas rester isolé pour rendre un travail valable et productif. Or chaque fois que j'ai évoqué ce genre de situation, j'ai essentiellement été contacté par des promoteurs et autres affairistes bienveillants dans le soucis de tout vouloir m'expliquer ...

Libriste industriel convaincu depuis 30 ans et enseignant debianiste depuis 0.94 voire ubuntuiste, quoi m'expliquer de la vente liée et promotionnelle alors ? Pourtant à l'écoute de leurs suggestions, dès réception de cette évocation, ils ne m'ont jamais recontacté .

Cordialement à tous les Framagoriciens et Framagoriciennes
alter.md

Messages : 2

Dim 07 Juin, 2015 08:17

Bonjour alter.md et bienvenue sur le forum,

Je trouve ton approche des ENT et les risques liés aux solutions propriétaires ou opensource (argument parfois seulement marketing) rhabillé avec du proprio.
Est-ce que cela tu penses que ton analyse de la situation pourrait faire l'objet d'un article pour le framablog ? Je me dis que cela correspond bien avec notre ligne éditoriale qui a toujours eu une affinité particulière avec l'éducation.
cyrille

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Messages : 953
Géo : Seine et Marne

Dim 07 Juin, 2015 19:02

Ok pour relayer l'information.
Désolé pour la latence de réponse. Je réside (et exerce) en Amérique du sud .

A mon avis il faut peaufiner un article reposant sur un argumentaire fiable s'adressant à des libristes qui auront l'occasion d'assister et d'accéder à des séances de tables rondes envahies par les équipes de techniciens et de vendeurs de packs propriétaires-pseudo-open-sources et dont la force de vente est perçue comme non opposable par nos administrateurs.
C'est que nos administrateurs n'ont pas toujours sous la main un SAS disponible ou des personnels formés à la maintenance sous L. Libre pour prendre le risque d'investir dans une autre voie.

Concernant "le danger" / "les inconvénients" de mélanger du propriétaire avec du libre, c'est en effet un sujet redondant et qui tient beaucoup plus au pragmatique qu'à la théorie ou à la verbe marketing.
Si l'emploi de SAS peut toujours être discutable, le tout est de pouvoir s'entendre à respecter les règles d'interopérabilité et de clarifier la paternité des travaux d'élèves et des enseignants qui utilisent ces services.
Vérifier également la possibilité d'intégrer les choix pédagogiques des enseignants en facilitant tout autant l'accès à d'autres ressources libres.

Tout autant discutable le formatage et la notation normative mis en place par des "bulletins de notes" en ligne produits par des éditeurs lorsque le ministère appelle à revisiter et ajuster le mode d'évaluation pour tenir compte de la différentiation.

Ces sujets ont été abordés (mais pas forcément validés) au cours du CLOM (Mooc) REL d'avril 2014 (ressources éducatives libres) :
S'en tenir à la distribution des ressources libres n'a de sens que si ces dites ressources respectent l'interopérabilité et que si les utilisateurs finaux, à savoir nos élèves et leurs parents sont équipés en Os et en logiciels libres.

Exemple de non sens :
Nos syndicats et collègues du secondaire avaient réclamé à notre rectorat et au conseil général de négocier des licences MS ou autre antivirus à prix réduit dit "enseignement", en négligeant un aspect :
Même si des licences propriétaires sont concédées à titre de promotion ou à tarif réduit, elles sont limitées dans le temps et sont normalement renouvelable au même tarif voire au tarif normal.
L'interopérabilité de leurs propres fichiers n'est pas forcément respectée en cas d'upgrade de ces produits,
Le produit peut être abandonné sans coup férir pour des raison de promotion d'un nouveau produit qui lui, ne respecte pas le "standard" qui avait été imposé par le produit précédent.

A l'avoir énoncé comme ça depuis bientôt plus de trente ans, j'ai l'impression que rien n'a bougé et que même les ténors du monde libre et de la défense des logiciels libres dans l'éducation (je précise) n'ont plus le courage d'en finir avec cette situation.
Que penser de bacheliers qui sont contraints de s'adresser à un Groupe d'utilisateur Linuxiens, lorsque sortant du secondaire, juste au moment de reprendre leurs études, ils se retrouvent avec une machine dont ils sont propriétaires ( opération des Laptops négociés avec les partenaires banquiers) qu'ils ne peuvent plus exploiter car la date d'utilisation du système et des logiciels est expirée dès le mois de juillet. Du jour au lendemain toute liaison est rendue impossible avec leur future université et tous leurs documents officiels digitalisés sont inaccessibles.

Concernant les solutions d'ENT non libres et les classes mobiles (souvent fournies avec des tablettes taguées rendant impossible toute intégration de matériel personnel ), il n'est pas difficile de fournir quelques exemples de lecture de licences et de notices de ces matériels. Une lecture effectuée entre les lignes et en fouillant dans les pages soit disant sans importances pour l'usager.

Sur une page difficilement accessible d'un éditeur et promoteur d'une ENT ayant déjà signé avec un Rectorat pour l'ensemble des écoles et collèges, on peut lire :

Que le fonctionnement de liens vers des sites non signataires ne seront pas forcément maintenus

Que l'achat d'un service passerelles pédagogique vers leurs partenaires livrant, des exercices en ligne, de la correspondance avec d'autres classes clientes, ou des rallyes lectures ou math, ne seront pas garantis et qu'en cas de dysfonctionnement il faudra négocier avec ledit éditeur .

À un euro l'élève utilisateur, voire à 30 ou 90 euros l'accès au dit service pour la classe et une fois la somme versées, avons vraiment nous le temps d'engager une procédure contre un éditeur qui objectera d'être noyé sous les requêtes, alors que derrière nous la classe s'agite ? (devant nous d'après les obligations de l'enseignant)

D'autre part en extrapolant sur une récente émission sur Fr4 / RBF ? , "On n'est pas / plus des pigeons" faite en lien avec l'Adullact et montrant ce à quoi le non respect du "Web libre" peut aboutir, nous pouvons saisir ce qui est en train de se tramer dans les mois suivants concernant le "tout fibre" dans nos écoles et établissements.

En prétextant que le tout Cloud, le tout délocalisé, doit tout résoudre pour n'avoir pas à investir au minimum dans un NAS un Squid ou un LAMP interne, on en arrive petit à petit à des cas limites qu'il faudra résoudre en versant des sommes d'abonnements préférentiels du côté des écoles mais aussi du côté des familles.

Les équipes pédagogiques qui utilisent le client Pronote peuvent témoigner de coupures réseau en plein conseil de classe obligeant (mais c'est normal voyons) à se reconnecter d'un élève à l'autre.

Des responsables de fournisseurs d'accès de rectorats "auraient été" contactés, suite aux campagnes officielles de mailing en nombre vers les enseignants (trop nombreux au goût du fournisseur) qui sont souvent perlées sur toute la semaine pour maintenir le flux. Il suffit de comparer le contenu des boîtes iprof entre collègues et au même moment.

Le plus étonnant c'est que dans le monde industriel s'applique le protocole "zéro défaut" qui permet du jour au lendemain de dénoncer un contrat qui ne tient pas les engagements, alors que les fournisseurs d'accès ou les vendeurs de logiciels propriétaires n'y semblent pas soumis ni à l'égard des usagers ni des institutions pédagogiques.

Je pense qu'on manque de sagesse lorsque de telles décisions sont prises sans avoir procédé à une bêta utilisation, sans prise d'opinion, sans concertation des collègues, et pas seulement ceux réquisitionnés comme personnel ressource. Comment faire face au matraquage marchand pour choisir et maintenir des solutions pédagogiques, et comment monter un dossier zéro défaut, lorsque la hiérarchie invoque le caractère fortement recommandé d'une méthode informatisée ?

Cyrille, si tu parles d'article, as tu accès à mes coordonnées mel pour te livrer la sitographie ?
alter.md

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