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Seule 1 Creative Commons sur 4 est libre selon Libroscope

Le Libre soulève de nombreuses questions, notamment sur la vente liée, les verrous numériques, les libertés numériques.., Parlons-en avec écoute et respect de l'autre.

Lun 06 Juin, 2005 01:14

Nouveau référendum : Creative Commons et Logiciels Libres, même combat ?
Oui ou Non ? Oui, mais... Non, mais...

Les licences Creative Commons, c'est la liberté de diffuser, c'est la liberté pour l'auteur de choisir celle qui lui convient, c'est la liberté de l'utilisateur qui sait de suite ce qu'il peut faire ou ne pas faire avec l'oeuvre, sans être obligé de demander systématiquement des autorisations aux auteurs (sauf, bien entendu, à vouloir "enfreindre" une clause).

Le créateur de ces licences, Larry Lessig, l'a souvent répété : elle ont été inspirées par les licences qui accompagnent et fondent les logiciels libres.

Voici ce qu'il dit par exemple dans la préface de son livre "Free Culture" :
Le titre et la plus grande partie de mon argumentation sont inspirés du travail de Richard Stallman et de la Free Software Foundation. A vrai dire, quand je relis le travail de Stallman, et plus particulièrement les essais dans Free Software, Free Society, je me rends compte que toutes les idées théoriques que je développe ici sont des idées que Stallman a décrites voilà des décennies. Il serait donc légitime d’affirmer que ce travail est un "simple" travail dérivé.

De là à penser qu'elles sont elle-mêmes et en bloc des licences libres au sens des logiciels libres, il n'y qu'un pas que certains franchissement allégrement ce qui ne manque pas d'irriter nos amis de Libroscope.

Ces derniers ne voient pas les différentes clauses des licences Creative Commons comme des petites nuances au sein d'un "monde libre". Bien au contraire, ils définissent très clairement une ligne de démarcation entre les licences Creative Commons qualifiées alors de "libres" (clauses BY, SA) et les licences Creative Commons dites "propriétaires" (clauses NC, ND).

L'argument principal c'est qu'un logiciel accompagné d'une clause de non exploitation commerciale (NC) ou de non modification (ND), n'est plus du tout un logiciel libre de part les discriminations introduites qui détruisent son écosystème. Ce qui est effectivement irréfutable.

Il est tout aussi irréfutable que les licences Creative Commons n'ont pas été pensées pour des logiciels mais pour des ressources numériques bien spécifiques (texte, musique, photo, vidéo...) dans une situation de marchandisation croissante de la culture et d'abus de la propriété intellectuelle. Dans ce contexte là, elles sont certainement salutaires et apparaissent pour beaucoup comme un progrès notable et un moyen de desserrer l'étau.

Dans un tout récent article, Creative Commons : adoption et liberté, Libroscope se fait statisticien pour conclure ainsi son propos : Entre trois et quatre fois plus de créatifs préfèrent les licences propriétaires aux licences libres.

Certes, mais 20% de licences Creative Commons libres sur un total 100% diffusable jour après jour plus impressionnant, c'est déjà pas si mal.
aKa

Messages : 7721
Géo : Roma

Lun 06 Juin, 2005 08:35

Un des avantages des licences CC, c'est qu'elles remettent en cause la division très nette entre le Libre et le Propriétaire. Ainsi peut-on dire que la majorité des licences CC (comme la by-nc-nd, peut-être la plus utilisée) sont semi-libres, ou semi-propriétaires. C'est le coup du verre à moitié plein ou à moitié vide.

Reste que même une CC by-nc-nd garantit à l'utilisateur la liberté d'accèder à l'oeuvre et surtout celle de rediffuser, sans devoir passer par une permission de l'auteur. L'oeuvre est donc "dans la nature", elle évolue indépendamment de la bonne volonté de l'auteur.

C'est donc déjà une philosophie toute différente du droit d'auteur strict, qui m'interdit de siffloter dans la rue (ce que je fais tout de même, car je suis un délinquant).
mpop

Messages : 777
Géo : Lyon

Lun 06 Juin, 2005 12:53

Vous savez pourquoi le droit d'auteur s'applique à l'international et non les brevets initialement ?

Car on lui applique les droits d'auteurs pour les oeuvres littéraire. En quel nom? La valeur ajoutée d'un programme n'est pas tant d'être à l'issue de transformation du code interprétable par les machines (ce que l'on appelle le programme proprement dit), que d'être directement lisible par les humains (ce que l'on appelle le code source).
http://www.wipo.int/copyright/fr/faq/fa ... puter_prog

Ce qui fait la valeur ajouté d'un programme n'est pas son «utilité», c'est sa lisibilité par un humain. Il est donc normal qu'il soit protégé au même titre qu'une oeuvre littéraire. Il est ainsi artificiel de prétendre que les CCs s'appliquant à l'art ne serait pas soumise aux mêmes problématiques que le code. Cette distinction artificielle est largement soutenue par les lobbyistes de tout poils car le fond de leur in-culture générale (informatique, sociale, et culturelle) leur empêche de pouvoir être crédible dans une vision élargie de la liberté (libre comme dans logiciel libre) et ils ont peur d'apparaître comme étant illégitime (ce qu'ils sont évnetuellement).

La culture est définie comme ce qui donne du sens à ce qui nous entoure. L'art comme les codes source opérent sur notre univers en nommant, montrant des choses, en créant de nouveaux sens. Le programme informatique fait mieux qu'être un automate, le code source est une oeuvre de l'esprit ou l'auteur présente sa vision originale d'un univers qui permet de résoudre un problème. Là est la valeur ajoutée. Le binaire/le programme n'est en quelque sorte qu'une validation, une preuvre de ce que l'auteur avance.

<ici hors sujet>
Si les crétins de lobbyistes pro-logiciel libre et anti-brevets logiciel sortaient de leur dogmatisme idéologique, et prenaient cet angle d'attaque, le brevet logiciel ne pourrait pas passer à moins de vouloir obliger les artistes à breveter leur oeuvres.
</>
http://libroscope.org le site des Femmes libres.
jul

Messages : 41
Géo : Pontoise (Vexin Français)

Lun 06 Juin, 2005 20:45

jul a écrit:Ce qui fait la valeur ajouté d'un programme n'est pas son «utilité», c'est sa lisibilité par un humain. Il est donc normal qu'il soit protégé au même titre qu'une oeuvre littéraire.

Puisque tu fais le rapprochement avec la littérature, je me permet une petite réflexion inspirée par la théorie littéraire :
Ce que tu nous décris là, c'est le programme du point de vue de sa conception. Mais ça ne répond pas tout à fait aux questions qui se posent dès que l'on aborde le problème sous l'angle d'une théorie de la réception. Quid de l'utilisation ? La "valeur ajoutée" dont tu parles est-elle prioritaire à partir du moment où seuls les spécialistes (professionels ou non) peuvent y accéder et en tirer profit ?

Du point de vue du développeur, seul le source compte, et les binaires ne sont qu'une transcription de ce source.
Du point de vue de l'utilisateur, seul le binaire compte. Point.

Voilà, je ne veux pas dire que tu as tort, mais juste que c'est peut-être un peu moins évident que ce que tu disais.
mpop

Messages : 777
Géo : Lyon

Mar 14 Juin, 2005 13:49

mpop a écrit:Du point de vue de l'utilisateur, seul le binaire compte. Point.

Non le binaire ne compte pas, ce qui compte, c'est que le programme conviennent, qu'il soit corrigé modifié ; un programme sans bug, c'est comme une pomme sans pépins : impossible dépassé un certaine âge.
Un programme c'est plus qu'un binaire c'est une relation entre utilisation et correction, amélioration. C'est ce qu'on appelle développement, indiquant que le travail d'élaboration d'un programme ne termine jamais.

mpop a écrit:Du point de vue du développeur, seul le source compte, et les binaires ne sont qu'une transcription de ce source.

Les binaires sont la partie émergées de l'iceberg. Et il ne peut y avoir de développement de correction et d'amélioration d'un produit sans que les sources soient correctement écrites. La plus grande partie des lignes modifiées/écrites dans un programme ne le sont paslors de la création, mais lors des phases de correction de bug, d'ajout de fonctionnalité. Un programme subit souvent des réécritures majeures après sa publication. Derrière un logiciel se cachent de nombreux processus impliquant un aller retour entre écriture du code et utilisation. sans cette relation, les logiciels seraient gratuits comme l'Art avec un A majusucle : cher, inintéressant, inutile, et le royaume des fats. [1]

Un programme est aussi plus que le code, c'est une description verbale d'une manipulation de données, qui au final décrivent mieux le modèle (quand il est bien écrit) que tout autre document. Car la transcription de certaines idées se fait parfois plus facilement dans certains langages (informatiques ou naturels) que dans d'autre.

Voilà, je ne veux pas dire que tu as tort, mais juste que c'est peut-être pas aussi compliqué que tu le dis. Les programmeurs et les utilisateurs ne sont pas séparés que par la barrière artificielle des noms qu'ont leur donne. Les utilisateurs et développeurs sont une seule et même communauté de gens qui participent à des projets communs selon leur savoir faire : avoir un programme qui fasse ce qu'il doit faire. Certain pour des raisons utilitaires, d'autre pour leur réputation, mais est-ce la motivation où les compétences spécifiques qui importent ou le projet ?

Finalement quand on aboli la barrière arbitraire utilisateur/programmeur, l'informatique reprend son sens, et marche bien mieux.

[1] ce qui expliquerait qu'accenture mécène des musées.
http://libroscope.org le site des Femmes libres.
jul

Messages : 41
Géo : Pontoise (Vexin Français)

Mar 14 Juin, 2005 14:14

mpop a écrit:Un des avantages des licences CC, c'est qu'elles remettent en cause la division très nette entre le Libre et le Propriétaire. Ainsi peut-on dire que la majorité des licences CC (comme la by-nc-nd, peut-être la plus utilisée) sont semi-libres, ou semi-propriétaires. C'est le coup du verre à moitié plein ou à moitié vide.


Le progrès est à mon avis de discerner des choses qui ont un sens. Et vous êtes content de la perte de discernement? Le libre est une démarche expérimentale menée depuis les années 1950 qui abouti à se rendre compte que certaines clauses empêche de «pouvoir se tenir sur les épaules des géants». Le progrès se fait en réutilisant librement le travail d'autres et en reconnaissant l'apport les uns des autres. Un peu comme Einstein à tout simplement réaffirmé et réutilisé les principes de relativité affirmé par Galilée.

Un des avantages du libre à été pour les oeuvres de l'esprit soumises au droit d'auteur (et pas seulement le logiciel) de réussir à formaliser des conditions légales (les licences) et pratiques (les 4 libertés) notamment permettant que le savoir participe au savoir. La différence entre libre et non libre (appelé aussi propriétaire) est substantielle.

Le libre privilégie la créativité. Le non libre regroupe des gens aux motivations diverses qui centrent leurs valeurs non sur la prévalence du créateur (qui signe l'oeuvre et est valorisé à chaque nouvelle citation chaque nouvel hommage), mais de la création. Est ce celui qui possède l'original qui est à apprécié ou celui qui a créé et pourra encore créer demain ? Peut on créer sans références à rien ?

Microsoft comme les agences de pub. possèdent et valorisent les créations rachetées à d'autres. Les logiciels libres ont fait le choix de mettre en valeur les créatifs.
http://libroscope.org le site des Femmes libres.
jul

Messages : 41
Géo : Pontoise (Vexin Français)

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