antoineP,
La dernière phrase est essentielle à la bonne compréhension de la citation :
Nous sommes dans l'incertitude et dans l'aléatoire.
C'est cela qui rebute le plus le monde, donc créons des certitudes logiques, des constantes.
Et logiquement la suite arrive....
C'est le principe de sûreté. La dissuasion peut échouer, et il faut se prémunir contre la possibilité de l'échec.
[la mise en évidence est de mon crû.]
Autrement dit, le principe de sûreté c'est de créer quelque chose de certain dont on soit sûr. La possibilité de l'échec est donc de laisser le principe aléatoire et de l'incertitude se propager. Arf !
Et un peu plus bas :
Bien souvent la stratégie nucléaire se joue à deux : Inde-Pakistan, Chine-Etats-Unis... Avec le nombre, il y a, c'est vrai, une complication. D'ailleurs la force de dissuasion française, dans les années 1960, a créé le désordre chez les stratèges américains. Nous sommes dans un nouvel univers. Nous ne savons pas ce qui va se passer. Il faut accepter cette position inconfortable de ne pas savoir.
[la mise en évidence est de mon crû.]
Voilà, nous y sommes... C'est cela qui dérange le plus et qui surprend le plus : un principe incertain et aléatoire n'est pas mesurable donc quantifiable donc il n'est pas possible de le savoir. Or savoir, de ce point de vue n'est pas connaître. Après tout, on peut savoir qu'un pays organise des entraînements militaires régulièrement chaque année mais rien, absolument rien ne nous dira si cette année c'est juste un entraînement militaire ou un acte de guerre déclaré. C'est tout le problème d'une société basée sur le savoir, la mesure qui sont comprises en termes de constantes donc en termes certains afin de traiter des événements aléatoires... Arf, arf, arf !!!
Sinon un article intéressant...et amusant