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Publication conforme ou pas aux règles Framabook ?

Sam 24 Août, 2013 16:23

Bonjour,

Dans le cadre de la fin de ces études, ma femme a écrit un mémoire dont le sujet est "Le notariat en France au bas Moyen-Âge (13e-15e siècle)". Le jury a noté la qualité du document, et lui a demandé si elle souhaitait le publier.

Elle n'avait pas réfléchi à cette question, je lui ai donc parlé des publications "libres", et de Framabook. Le problème est que ses recherches sont basées sur les travaux de chercheurs, d'universitaires, d'historiens. Un travail dans lequel figurerait leurs travaux dans la bibliographie peut-il être publié dans un Framabook ou pas ? Si non, quelle licence peut convenir ?

Merci pour vos réponses.
Jarodd

Messages : 58

Dim 25 Août, 2013 17:16

Pour ce qui est de la simple référence à une œuvre, c’est-à-dire renvoyer à une oeuvre non-libre d’un auteur dans la partie référence, ou dans le corps du texte, c’est autorisé, bien entendu. Les chercheurs le font tout le temps (c’est même une des bases fondamentales de leur travail), et les journaux dans lesquels ils publient ont tous des exigences de licence différente. Une licence libre n’est pas virale au point de remonter les liens, qu’ils soient hypertextes ou bibliographiques.

Pour ce qui est de la citation, c’est-à-dire une retranscription exacte d’un bout de texte ou d’une image, c’est une autre paire de manche. En droit français, il y a une exception au droit d’auteur pour ce qui est des courtes citations. Si la citation est longue, il faut l’autorisation de l’ayant droit, que ce soit par le biais d’une licence libre, ou par une autorisation nominative (en gros, il faut lui demander).

Voilà, j’espère t’avoir éclairé, et ne pas m’être trompé (je ne suis pas juriste).
DaveNull

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Messages : 17

Lun 26 Août, 2013 10:03

Bonjour,

Pour ce qui est de rendre libre un travail (universitaire ou non) faisant référence à des oeuvres non libres, il n'y a aucune contre-indication. Le travail de l'auteur est libre quand bien même il s'appuye sur des oeuvres non libres dans le cadre de la législation (c'est à dire le recours au droit de citation). Si l'ouvrage satisfait aux critères universitaires d'originalité et de scientificité, il n'y a aucune raison pour qu'il ne soit pas libre.

Par contre, la collection Framabook ne publiera sans doute pas un ouvrage sur l'histoire du notariat au MA. Ce qui n'enlève rien de l'intérêt du document, bien entendu. Voyez ici : http://framabook.org/convention-framabook-auteurs/. La ligne éditoriale des Framabook est assez large, mais elle concerne le logiciel libre et la culture libre en général.

Une solution pourrait convenir :
1/ mettre en page votre livre au format A5 (le moins cher), relire et corriger la typographie (au besoin, demander à une personne de confiance). Demandez au directeur de mémoire de rédiger une préface. Au besoin faites vous aider pour la typo et la mise en page.
2/ spécifier dans votre ouvrage la licence libre choisie (je suggère une licence de type Creative commons By-Sa)
3/ vous rendre sur un site comme Atramenta (http://www.atramenta.net/) ou lulu.com et auto-publier votre livre
3/ parallèlement, publier l'ouvrage sur HAL SHS (c'est les archives ouvertes pour les sciences humaines, très important). L'ouvrage pourra éventuellement être accepté après validation par leur comité.
4/ une fois le livre imprimé et en vente sur Atramenta ou lulu.com, demander au laboratoire d'accueil ou votre épouse a réalisé son mémoire d'en faire la promotion sur leur site internet et de proposer (comme sur HAL SHS) le téléchargement gratuit du document
5/ vous pouvez ensuite acheter auprès de Atramenta ou lulu.com la dizaine d'exemplaires à distribuer à vos proches, tout en mettant le livre en vente et disponible à la distribution (vous fixez alors le prix, libre à vous d'estimer ou pas un bénéfice, car libre ne signifie pas forcément gratuit et de tte façon, le papier et l'encre ca se paye).

Pour utiliser ce système et pas passer par un circuit classique ? (soumission à une maison d'édition et son comité éditorial)
- parce que de cette manière vous toucherez autant de monde que la maison d'édition du type Presses Universitaires de TrucMuch (le créneau des historiens intéressés par le thème en question étant assez limité et de toute façon il ne s'agit "que" d'un mémoire et pas d'un thèse de doctorat. L'impact est donc en tout cas amoindri même si certains mémoires sont parfois plus brillants que certains doctorats....
- vous mettez l'oeuvre sous licence libre, c'est une démarche importante en sciences et vous permettez à tout le monde d'accéder à l'oeuvre
- ceux qui le veulent peuvent acheter le format papier
- le livre étant disponible sur des sites académiques, des revues peuvent en être faites (c'est un indice de "confiance")

Par contre il faudra remanier très certainement l'ouvrage : passer d'un mémoire à un ouvrage à part entière. Comptez plusieurs mois de travail! à moins que vous ne comptiez simplement que mettre à disposition ce mémoire, sans plus. La rédaction d'un mémoire n'est pas celle d'un essai. Certains développements n'ont pas d'intérêt en tant qu'essai et d'autres développements doivent être ajoutés. L'écriture elle-même doit être plus fluide et avec style. J'ignore l'état actuel du mémoire, je me fie à mon expérience.

Enfin, le mieux est encore de tirer du mémoire une publication de type article (et donc à soumettre dans une revue). La publication a le mérite d'être alors plus rapide et pour faire passer l'essentiel. La référence à l'ouvrage pourra alors être faite dans cet article.

Enfin, si le laboratoire ou l'équipe d'accueil accepte, il est possible aussi de leur proposer d'apposer le logo sur la couverture et d'effectuer la publication en partenariat. avec eux.

L'ensemble ne vous coûtera guère plus que le temps à y consacrer, l'achat d'au moins un exemplaire pour vous assurer de la mise en page et l'achat éventuels de quelques exemplaires au format papier à distribuer autour de vous. Ce type d'auto-publication n'est évidemment intéressant qu'à partir du moment ou, d'un autre côté, vous faites valoir l'ouvrage dans le milieu académique. Après tout, peu importe le support et il y a de toutes façon fort à parier que l'essentiel des lecteurs téléchargeront l'ouvrage sans forcément l'acheter, sauf quelques bibliothèques. De toute manière, la plupart des éditeurs "scientifiques" n'acceptent de publier qu'à condition que le labo ou l'équipe s'engage à acheter 500 exemplaires d'emblée pour couvrir les frais de publication, car en tout, les publications scientifiques ne se vendent que très peu... sauf bien sûr pour les grosses maisons d'édition... dans lesquelles les licences libres n'ont aucune place.

Mais bien entendu, rien ne vous empêche de soumettre l'ouvrage à des maisons d'éditions connues. Le mémoire, lui, pourra figurer en licence libre sur HAL SHS ou ailleurs. De toute façon, il y aura toujours une différence entre l'ouvrage réécrit et le mémoire lui-même. Il y a cependant des maisons d'édition qui font signer des clauses interdisant que l'oeuvre universitaire sur laquelle se base l'ouvrage ne soit distribuée par ailleurs. C'est une manière de s'approprier le travail issu de fond publics, sans toutefois rémunérer l'auteur (inutile de s'attendre à toucher quoi que ce soit pour une première publication dans une maison d'édition pour un ouvrage scientifique).

Autre solution : le labo ou l'équipe d'accueil a peut-être déjà en son sein une collection. Auquel cas, c'est sans doute elle qu'il faut démarcher en premier lieu. Ce sera une forme d'auto-publication mais tout de même plus académique. Il y a peut-être même une chance pour que l'oeuvre y figure sous licence libre: les esprits universitaires y sont de plus en plus ouverts....
Totophe

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Lun 26 Août, 2013 17:56

Bonjour,

Merci pour cetrte réponse très exhaustive.

Nous allons creuser l'idée de HAL, cela semble bien correspondre à ce qu'elle cherche. Le but n'est pas l'argent (avec un tel sujet c'est compliqué... :lol: ) mais plutôt de diffuser le mémoire tout en le protégeant, notamment des publications à nut commercial.

Nous allons étudier ça, encore merci à vous !
Jarodd

Messages : 58

Mer 28 Août, 2013 13:57

Donc, si je veux créer un pdf sous une licence Creative Commons (CC-BY ou CC0, par exemple), je n'ai pas à me gêner si je cite des passages de livres non libres (pas encore dans le domaine public) ? ou si j'écris, sans aucune précaution liée au droit d'auteur (ni guillemets, ni lettres en italique, ni référence bibliographique, ni rien d'autre), que Léon Festinger a défini la dissonance cognitive comme un état de tension désagréable du à la présence simultanée de deux cognitions (idées, opinions, comportements) psychologiquement inconsistantes, comme je pourrais écrire que Jean Chante a écouté Louis Chanté sous la douche ?
Nous sommes libres. Wir sind frei. We are free. Somos libres. Siamo liberi.
shokin

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Géo : Suisse

Mer 28 Août, 2013 14:47

Ça dépend de ce que tu appelles « te gêner ». Le droit de courte citation reste une exception bien encadrée, donc obligation de citer la source (en France, même pour le domaine public, cf droit morale inaliénable) et de mettre en évidence la citation (pas sûr des détails, un juriste pour confirmer/infirmer ?). Par contre oui, aucune incidence sur ta propre licence.

Dans le deuxième cas, ce n'est pas une citation mais une exposition de faits, donc le problème ne s'applique pas je pense (après si les faits exposés sont faux, d'autres problèmes peuvent se poser bien sûr...).
Gee

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Géo : Nice

Jeu 29 Août, 2013 22:20

Mais s'il s'agit de savoir, qu'il (le savoir) ait été découvert récemment ou non, le savoir n'appartient à personne. Si une personne venait à découvrir que P, alors P pourrait être partagée inconditionnellement à quiconque et de quelque manière. [Exemple : P = la formule f(x) = g(x) établit la relation entre ci et ça.]

Quant à l'inaliénabilité, par exemple de la paternité, je la remets pas mal en question, notamment quand des personnes (comme moi) veulent partager leurs oeuvres (de toutes sortes, artistiques, scientifiques, ludiques, didactiques, ésotériques, etc.) dans le domaine public (qui est en contradiction avec la paternité).
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shokin

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